Être antifasciste aujourd’hui n’est ni un slogan, ni une posture militante réservée à quelques-un·es : c’est une nécessité démocratique. Face au processus de fascisation que connaissent nos sociétés, alimenté par des politiques antisociales, sécuritaires et autoritaires, il devient urgent de rappeler que l’antifascisme concerne toutes et tous. Dans un contexte où les attaques austéritaires se multiplient, où la peur est instrumentalisée pour gouverner et où la contestation est criminalisée, affirmer l’antifascisme, c’est refuser la résignation et réaffirmer un horizon politique fondé sur l’égalité, la solidarité et la démocratie réelle.
Un processus de fascisation en marche
Nous ne vivons pas (encore) dans un régime fasciste, mais les signes avant-coureurs s’accumulent. Il faut acter que nous rentrons désormais dans une période de fascisation. Le fascisme ne surgit jamais d’un coup : il s’installe lentement, par une succession de petites lois, de perquisitions, de renoncements et de complicités. Il avance à bas bruit, à mesure que la démocratie est affaiblie de l’intérieur. Pas de coup d’État, pas de rupture spectaculaire : juste un glissement constant vers un État où le pouvoir se concentre, où la peur remplace le débat, et où tout mécanisme un tant soit peu démocratique est vidé de sa substance. C’est à ce processus de fascisation que contribue la coalition Arizona.
En moins d’un an, ce gouvernement d’union des droites dirigé par les nationalistes flamands (un parti d’extrême droite siégeant à l’Union européenne aux côtés de partis d’inspiration fasciste tels Fratelli d’Italia) et les « libéraux » francophones non seulement s’attèle à détricoter les conquêtes sociales, poursuivre le démantèlement des services publics et la répression des personnes migrantes, précarisant ainsi davantage des pans entiers de la population ; mais aussi multiplie les dispositifs répressifs afin d’étouffer la contestation que leur politique provoque.
Ce double mouvement – austéritaire et sécuritaire – n’est pas qu’idéologique : il est aussi stratégique. Dès lors que l’on casse les mécanismes de solidarité et que l’on nie à une partie de la population la possibilité de se loger, de se nourrir, de se soigner ou de donner un avenir à ses enfants, on ne peut s’attendre à la résignation. La colère et la résistance finissent toujours par s’exprimer — et elles sont à la mesure de la violence sociale subie. Le gouvernement le sait parfaitement. C’est pourquoi, parallèlement à ses mesures antisociales, il construit ses outils de répression afin de pouvoir gouverner seul, sans contrepoids, en muselant celles et ceux qui s’opposent. Le tournant n’est pas seulement sécuritaire : il est autoritaire, au sens où le gouvernement s’impose comme la seule source de légitimité démocratique, les autres voix devant être écrasées. Car l’objectif de cette répression n’est pas la sécurité publique, mais la peur — la peur d’oser se mobiliser, la peur d’exiger une vie digne pour toutes et tous, la peur de résister.
Or, c’est sous couvert de « sécurité » que le gouvernement Arizona renforce la police, la surveillance et la criminalisation de la contestation. La répression violente de la manifestation du 14 octobre dernier, dans la continuité de celle des mobilisations pour la Palestine, en est une démonstration : garantir l’ordre devient le prétexte pour contrôler la population et restreindre les libertés. Ce 9 février, une autre étape dans la répression de la contestation a été franchie : des militant.es antifascistes ont été perquisitionnés et arrêtés à Liège pour leur participation à une mobilisation contre la venue de Georges-Louis Bouchez et du centre d’étude du Mouvement Réformateur à l’Université de Liège le 18 septembre 2025. Le projet de loi permettant les visites domiciliaires, sans autorisation judiciaire, afin de rafler et déporter des personnes migrantes, est une autre déclinaison de cette accélération sécuritaire, qui témoigne également d’une escalade du racisme d’État.
Car les processus de fascisation se nourrissent toujours de la mise au ban de personnes jugées ennemies externes à la nation : hier, le juif ; aujourd’hui, l’étranger, le musulman. Mais ils requièrent aussi la désignation de figures internes à abattre, car elle menace la prospérité de la communauté nationale : l’assisté. C’est ainsi que les politiques d’austérité visent systématiquement les plus vulnérables : allocations de chômage limitées à deux ans, chasse aux malades, fin du plan grand froid, coupes dans la protection sociale au profit d’exonérations patronales massives. Et pendant que la population s’appauvrit, les budgets militaires explosent : 34 milliards d’euros pour atteindre et dépasser les 2% du PIB exigés par l’OTAN. L’économie se militarise, l’industrie de l’armement prospère, le déploiement de dispositifs de surveillance et d’armement se généralise. Et le discours nationaliste s’impose comme une évidence.
Enfin, les contre-pouvoirs, essentiels à une démocratie digne de ce nom, sont méthodiquement affaiblis, afin de permettre au gouvernement d’avancer sans entraves. Cela fait un petit temps que le gouvernement piétine les décisions de justice, mais avec l’avant-projet de loi Quintin qui permettrait, dans sa première version, à l’exécutif de dissoudre des associations jugées trop « extrêmes » ou « radicales », il prépare la possibilité de se passer totalement du juge pour s’attaquer à l’opposition, tout en permettant ensuite la poursuite pénale des individus participant aux activités des associations dissoutes. La réduction des financements aux associations (éducation permanente, organisations de jeunesse, socio-culturel) s’inscrit dans cette même logique : réduire les espaces d’autonomie et de critique. Les prochaines cibles, ce pourrait être les syndicats, dont la légitimité est déjà quotidiennement attaquée, ou encore les mutualités et les associations, en les accusant de « sortir de leur objet » ou de « dévoyer leurs missions » dès lors qu’elles contestent une mesure gouvernementale. Dans quel type de régime le gouvernement définit-il ce que les corps intermédiaires ont le droit de faire ? Parallèlement, la concertation sociale devient une coquille vide, la presse subit des pressions et la rue est muselée. Mais le plus grand danger pour la démocratie, l’ennemi intérieur du moment – tant nécessaire au fascisme pour se mettre en place – ce serait, entre autres, les antifascistes.
Les laboratoires de la répression
Quand Georges-Louis Bouchez appelle à « dissoudre la structure Antifa », c’est la musique de l’extrême droite qu’il reprend. Rappelons-nous la proposition du Vlaams Belang en 2024, ou, plus récemment, le décret signé par Donald Trump visant à classer les antifas comme organisations terroristes. Faute de pouvoir « dissoudre les antifas », ce sont les moyens répressifs traditionnels qui sont utilisés de manière démesurée : des perquisitions, arrestations et comparutions immédiates de jeunes pour quelques pommes pourries lors d’une manifestation protestant contre la politique impulsée par les « libéraux ».
C’est dans ce contexte répressif, et afin d’améliorer l’arsenal pour faire taire la contestation, que se profile l’attaque sur la liberté d’association que constitue l’avant-projet de loi Quintin, jugé contraire aux droits fondamentaux par l’Institut Fédéral des Droits Humains, sévèrement critiqué par le Conseil d’État et dénoncé par la coalition Droit de protester dans sa carte blanche, et le collectif DefendDissent dans sa pétition. Aujourd’hui, ce sont Samidoun et Stop Arming Israel qui luttent contre le génocide en Palestine, ainsi que Code Rouge qui utilise la désobéissance civile pour la justice climatique, qui sont dans le viseur. Mais si l’exécutif juge ces associations extrémistes alors qu’elles utilisent des modes de contestation acceptés en démocratie, n’importe quel collectif qui conteste la politique du gouvernement peut être attaqué.
Et ce d’autant plus lorsque c’est l’exécutif lui-même qui devient extrême… Ces cas d’école servent donc de laboratoire pour tester des dispositifs de répression qui, demain, s’étendront à toute la société civile – la dissolution notamment du collectif antifasciste de La Jeune Garde par le gouvernement en France augure les possibilités d’une telle extension. Nous nous tenons aux côtés de ces associations visées par l’offensive autoritaire.
Ces glissements ne sont pas anodins : ils annoncent une criminalisation progressive de toute opposition politique. Si cette criminalisation des mouvements sociaux contestataires n’est pas nouvelle (les travailleur·euse·s de Delhaize, les syndicalistes du pont de Cheratte, la loi anti-squat, les militant·es écologistes, des associations musulmanes, etc.), elle connaît sous ce gouvernement une accélération autoritaire inquiétante. C’est ainsi que la répression dans les quartiers populaires ou les lois encadrant les matchs de football servent depuis longtemps à expérimenter des outils — contrôles systématiques, caméras, LBD et grenades lacrymo, fichage — qui vont être généralisés pour museler toute opposition. Cette logique d’initier la répression des marges vers le centre est celle de la fascisation.
Rappeler nos forces, transformer la société
Pourtant, tout n’est pas perdu. Face à ce processus en cours, il faut nous rappeler nos forces. Le mouvement social a déjà remporté des victoires récentes : l’abandon du projet de loi « anti-casseurs » en 2023, qui visait à criminaliser les manifestant·es, en est une des preuves. Lorsqu’on se mobilise collectivement, lorsqu’on se rassemble alors que les acteurs de la fascisation veulent nous diviser, il est possible de faire reculer les dynamiques austéritaires et sécuritaires.
Mais faire reculer le gouvernement sur ses ambitions autoritaires n’est pas suffisant. Car la véritable sécurité n’est pas policière, elle est sociale. Elle réside dans le droit au logement, à la santé, à un revenu décent, à l’éducation, à la liberté de circulation et d’installation pour toutes et tous. L’insécurité naît des politiques antisociales qui jettent les gens dans la précarité et la clandestinité.
Être antifasciste, ce n’est pas seulement s’opposer : c’est construire. Construire une société fondée sur l’égalité, la coopération, la solidarité, plutôt que sur la hiérarchie, l’exclusion et l’exploitation. Cela suppose de transformer notre modèle de société, afin que la satisfaction des besoins essentiels et le droit à une vie digne pour chacune et chacun deviennent notre boussole collective, plutôt que l’accumulation des richesses et du pouvoir par une minorité. Cela suppose aussi de questionner radicalement la démocratie représentative élective qui, loin d’être un rempart contre l’extrême droite (l’histoire nous enseigne qu’elle ne l’a jamais été), est en réalité un de ses marchepieds. Car la montée de l’extrême droite se nourrit de la défiance populaire légitime envers l’idée même de politique, dès lors qu’elle se résume à voter tous les cinq ans afin d’élire une classe dirigeante qui gouverne pour les puissants et qui nous réprime lorsqu’on émet une opposition. Le rempart contre le fascisme, c’est la vraie démocratie : celle qui s’enracine dans les collectifs, les associations, les assemblées syndicales, les lieux d’entraide et d’organisation collective, les espaces de solidarité. Il est là, le cœur du projet antifasciste.
Construisons une démocratie populaire, soyons toutes et tous antifascistes.
Une carte blanche à l’initiative de La Coordination Antifasciste de Belgique.
Associations, organisations et collectifs signataires : Agir pour la Paix, ANPI, Antifa Charleroi, ASBL La Cible, Association culturelle Joseph Jacquemotte, CNE – Centrale Nationale des Employés, CGSP ALR Bruxelles, Collectief 8 maars Bxl, Collectif 8 mars Namur, Collectif Antifasciste Luxembourg, Collectif Antifasciste Namurois, Collectif Antifasciste Verviétois, Comité belges des Ami.es de la Commune de Paris, Commune colère Bruxelles, Coordination Antifasciste de Belgique, CNAPD – Coordination Nationale d’Action pour la Paix et la Démocratie, CSC Bruxelles, CFO – Collectif des Femmes qui l’Ouvrent, Équipes Populaires, Fédération des Maisons Médicales, Fédération des Services Sociaux, Formation Léon Lesoil, Front antifasciste de Bruxelles, Front antifasciste de Liège, Gauche anticapitaliste, Gang des Vieux en Colère, Gang des Vieux en Colère Entre-Sambre-et-Meuse, Groupe Antifasciste de Mouscron, Jeunes FGTB, La santé en lutte, Le Front de Mères Belgique, Liages association, Maison de santé du Triangle, Mons Antifa, MOC Bruxelles, MRAX, Nivelles Antifa, Rouge!, Soralia.
Open brief: Wij zijn allen antifascist
Antifascist zijn, is vandaag de dag geen slogan of een militante houding die slechts voor enkelen is weggelegd ; het is een democratische noodzaak. Nu onze samenleving de weg richting fascisme inslaat, aangewakkerd door antisociale, autoritaire en op veiligheid gerichte beleidsmaatregelen, is het dringend noodzakelijk om te benadrukken dat antifascisme iedereen aangaat. In een context waarin besparingsmaatregelen steeds vaker voorkomen, angst bewust als regeringsstrategie wordt ingezet en protest wordt gecriminaliseerd, betekent het uitdragen van antifascisme dat we ons verzetten tegen onverschilligheid en een politieke visie herbevestigen die gebaseerd is op gelijk(waardig)heid, solidariteit en ware democratie.
Een proces van fascisering in opmars
We leven (nog) niet in een fascistisch regime, maar de alarmsignalen stapelen zich op. We moeten erkennen dat we nu een periode van fascisering ingaan. . Fascisme komt nooit in één keer tot stand: het nestelt zich langzaam, door een opeenvolging van kleine stappen, huiszoekingen, concessies en stille medeplichtigheid. Het groeit sluipend van binnen uit, parallel aan de uitholling van de democratie. Het is geen staatsgreep, geen spectaculaire breuk : alleen een voortdurende verschuiving naar een staat waar de macht geconcentreerd is, waar angst het debat verdringt en waar elk enigszins democratisch mechanisme wordt ontmanteld. De Arizona coalitie draagt actief bij aan dit pad richting fascisme.
In minder dan een jaar tijd slaagt deze rechtse coalitieregering onder leiding van de Vlaams nationalisten (die in het Europees Parlement zetelt naast fascistisch geïnspireerde partijen zoals Fratelli d’Italia) en de Franstalige ‘liberalen’ erin erin om de sociale verworvenheden af te breken, de openbare diensten te ontmantelen en de personen met een migratieachtergrond te onderdrukken. Dit heeft als gevolg dat hele bevolkingsgroepen in bestaansonzekerheid worden geduwd. Tegelijk vermenigvuldigt deze regering de repressieve maatregelen om elk protest tegen dit beleid te onderdrukken.
Deze dubbele beweging – bezuinigingen en veiligheid – is niet alleen ideologisch, maar ook strategisch. Wanneer men de solidariteitsmechanismen afbreekt en een deel van de bevolking de mogelijkheid ontzegt om te wonen, te eten, zich te verzorgen of hun kinderen een toekomst te bieden, kan men geen stille aanvaarding verwachten. Woede en verzet komen altijd tot uiting – en zijn evenredig aan het sociale geweld dat men ondergaat. De regering weet dat maar al te goed. Daarom bouwt zij, parallel aan haar antisociale maatregelen, haar repressieve
instrumenten uit om alleen te kunnen regeren, zonder tegenwicht, door degenen die zich verzetten de mond te snoeren.
Deze wending is ook autoritair van aard, de regering werpt zich op als enige bron van democratische legitimiteit, terwijl andere stemmen worden gemarginaliseerd of onderdrukt. Het doel is niet de openbare veiligheid, maar het creëren van angst — angst om zich te mobiliseren, om op te komen voor een waardig leven voor iedereen, om weerstand te bieden.
Onder het mom van “veiligheid” versterkt de Arizona-regering het politieapparaat, de controle en de criminalisering van protest. De gewelddadige repressie van de betoging van 14 oktober, in het verlengde van de mobilisaties voor Palestina, is daar een duidelijk voorbeeld van. Het handhaven van de orde wordt een voorwendsel om de bevolking te controleren en de vrijheden in te perken. Op 9 februari werd een nieuwe stap gezet in de onderdrukking van het protest:antifascistische activisten werden in Luik huiszoekingen onderworpen en gearresteerd vanwege hun deelname aan een mobilisatie tegen de komst van Georges-Louis Bouchez en het
studiecentrum van de Mouvement Réformateur aan de Universiteit van Luik op 18 september 2025. Het wetsontwerp dat huiszoekingen zonder gerechtelijke toestemming toestaat om migranten op te pakken en te deporteren, is een andere uiting van deze versnelde veiligheidsmaatregelen, die ook illustreert de escalatie van het staatsracisme.
Fasciseringsprocessen voeden zich altijd met de aanduiding van vijanden: gisteren de Jood, vandaag de buitenlander of de Moslim. Tegelijk worden er ook “interne” vijanden geviseerd : mensen zonder papieren, in de werkloosheid, met arbeidsongeschiktheid of andere vormen van bijstand. Zij vormen een bedreiging voor de voorspoed van de natiestaat. De besparingsmaatregelen richten zich systematisch op de meest kwetsbaren: beperking van werkloosheidsuitkeringen tot twee jaar, jacht op zieken, einde van het winterplan, bezuinigingen op sociale bescherming ten gunste van massale vrijstellingen voor werkgevers. Een groot deel van de bevolking wordt armer, tezelfdertijd zien we de militaire begrotingen exploderen: 34 miljard euro om de door de Nato vereiste 2% van het BBP te bereiken. De economie militariseert, de wapenindustrie bloeit, de inzet van bewakings- en wapenapparatuur wordt wijdverspreid. Nationalistisch discours wordt als vanzelfsprekend gepresenteerd.
Ten slotte worden de tegenstemmen, die essentieel zijn voor een democratie die deze naam waardig is, methodisch verzwakt, zodat de regering ongehinderd haar gang kan gaan. De regering negeert al enige tijd de beslissingen van de rechterlijke macht, maar met het ontwerp van ‘de wet Quintin’ wordt er een stap verder gegaan. Het wetsvoorstel zou, in zijn eerste versie, de uitvoerende macht toestaan om verenigingen die als te “extreem” of “radicaal” worden geacht, te ontbinden en dit zonder rechterlijke tussenkomst. Vervolgens ontstaat dan de mogelijkheid om strafrechtelijke vervolgingen in te stellen tegen personen die deelnemen aan de activiteiten van de zonet ontbonden verenigingen. De verlaging van de subsidiëring van verenigingen (permanente vorming, jongerenorganisaties, sociaal-culturele activiteiten) maken deel uit van dezelfde logica, het verkleinen van de ruimte voor autonomie en kritiek. Vakbonden, mutualiteiten en middenveldorganisaties zijn mogelijks het volgende doelwit, door hen ervan te beschuldigen « buiten hun boekje te gaan » of « af te wijken van hun missie » wanneer ze een overheidsmaatregel aanvechten. In welk type regime bepaalt de regering wat middenveldorganisaties en vakbonden mogen doen en hoe ze zich uitdrukken? In eenzelfde beweging wordt het sociaal overleg een lege doos, staat de pers onder druk en wordt de straat gemuilkorfd. Paradoxaal gezien zouden net nu antifascisten het grootste gevaar voor de democratie vormen?! Het lijkt op de creatie van een gedroomde interne vijand die het facisme nodig heeft om te groeien.
Laboratoria van repressie
Wanneer Georges-Louis Bouchez oproept om “antifa” op te heffen, neemt hij rechtstreeks het riedeltje over van extreem rechts. Herinner u bijvoorbeeld het voorstel van het Vlaams Belang in 2024, of het door Donald Trump ondertekende decreet dat antifa als een terroristische organisatie bestempeld. Omdat het niet lukt om de “antifa’s” te “ontbinden”, wordt er buitensporig gebruik gemaakt van traditionele repressieve middelen: huiszoekingen, arrestaties en onmiddellijke voorgeleiding van jongeren vanwege een paar rotte appels tijdens een demonstratie tegen het beleid van de “liberalen”.
De aanval op de vrijheid van vereniging, om de middelen te versterken waarmee het protest het zwijgen kan worden opgelegd, moet gesitueerd worden binnen deze ruimere politieke context.Het Federaal Instituut voor de Rechten van de Mens stelt dat ‘de wet Quintin’ in strijd is met de fundamentele rechten van ons land. De Raad van State heeft het wetsontwerp scherp bekritiseerd. Ook de coalitie ‘Recht op Protest’ en het collectief “Defend Dissent” zijn vernietigend voor het wetsvoorstel.
Vandaag liggen Samidoun, Stop Arming Israël en Code Rood in het vizier omwille van hun acties tegen de genocide in Palestina of voor klimaatrechtvaardigheid. Maar wanneer de uitvoerende macht deze verenigingen als extremistisch bestempelt, terwijl zij protestvormen gebruiken die in een democratie aanvaard zijn (zoals burgerlijke ongehoorzaamheid), wordt het mogelijk om elk collectief te viseren dat het beleid van de regering uitdaagt. Dit risico vergroot naarmate de uitvoerende macht zelf extremistischer wordt…. Deze schoolvoorbeelden dienen als laboratoria voor het testen van repressieve maatregelen die vervolgens klaar staan om gebruikt te worden tegen het maatschappelijk middenveld. Als het regent in Parijs, druppelt het in Brussel. De ontbinding van het antifascistische collectief “La Jeune Garde” door de Franse regering toont dat dit zeker tot de mogelijkheden behoort. We steunen collectief en standvastig de verenigingen die het doelwit vormen van dit autoritaire offensief.
De huidige politieke verschuivingen zijn zeker niet onbelangrijk: ze vormen de voorbode van een progressieve criminalisering van iedere politieke oppositie. Hoewel deze criminalisering van de sociale bewegingen niet nieuw is (getuige zijn de werknemers van Delhaize, de vakbondsleden van de Cheratte-brug, de anti-kraakwet, milieuactivisten, moslimverenigingen, enz.), is er onder deze regering sprake van een zorgwekkende autoritaire versnelling. Sinds geruime tijd wordt er geëxperimenteerd met verschillende repressieve strategieën, waaronder het gebruik van nieuwe wetten, systematische identiteitscontroles, camera’s, ‘less lethal weapons’ en systematische dataverzameling. Het oefenterrein was in het verleden vaak beperkt tot de arbeiderswijk of specifieke situaties zoals voetbalwedstrijden. Meer en meer worden deze middelen veralgemeend gebruikt om alle oppositie te muilkorven. Deze logica van het initiëren van de onderdrukkingsmechanismen van de rand naar het centrum toe, is deze van het oprukkend fascisme.
Denk aan onze sterktes en verander de samenleving.
Toch is niet alles verloren! Als we de confrontatie aangaan met deze processen is het belangrijk om onze sterktes in gedachten te houden. De sociale beweging heeft recent een aantal overwinningen behaald. In 2023 nog werd het wetsvoorstel ‘anti-casseurs’, voor het strafbaar stellen van demonstranten, ingetrokken. Wanneer we ons verenigen en collectief mobiliseren kunnen we de bezuinigings- en veiligheidsdynamiek terugdringen, ook al proberen fascistische actoren ons te verdelen.
De regering terugdringen in haar autoritaire ambities is echter niet genoeg. Onze veiligheid wordt immers niet bepaald door de politie, maar door ons sociaal weefsel en solidariteit. Onze collectieve en individuele veiligheid wordt verzekerd door het recht op huisvesting, gezondheid, een behoorlijk inkomen, onderwijs, vrijheid van migratie en vestiging voor iedereen. Onveiligheid en onzekerheid komen voort uit een antisociaal beleid dat mensen in kwetsbare situaties en clandestiniteit drukt.
Antifascistisch ‘zijn’, is niet enkel weerstand bieden, het is ook opbouwen van onderuit. Het opbouwen van een samenleving die gebaseerd is op gelijk(waardig)heid, samenwerking en solidariteit, in plaats van een orde gebaseerd op hiërarchie, uitsluiting en uitbuiting. Dit kan niet zonder een fundamentele transformatie van onze samenleving: weg van de accumulatie vanrijkdom en macht voor enkelen, en richting een samenleving waarin het recht op een waardig leven en de vervulling van essentiële behoeften voor iedereen, het collectieve kompas
bepalen. Het veronderstelt ook dat we de representatieve democratie, gebaseerd op verkiezingen, radicaal in vraag stellen. De representatieve democratie vormt, in tegenstelling tot wat vaak wordt aangenomen, geen dam tegen extreemrechts. De geschiedenis leert ons dat zij dat nooit is geweest en dat zij eerder gezien moet worden als de opstapje voor opkomst van het fascisme. Extreemrechts gedijt binnen de representatieve democratie en voedt zich met het legitieme wantrouwen van brede lagen van de bevolking tegenover het idee van politiek op zich. In het bijzonder wanneer politiek wordt herleid tot vijf jaarlijkse verplichte stembusgang om een heersende klasse te kiezen die regeert voor de machtigen en die ons onderdrukt wanneer we oppositie voeren.
Een dam opwerpen tegen het fascisme is ware democratie: één die geworteld is in collectieven, verenigingen, syndicale vergaderingen, en in plaatsen van wederzijdse hulp en collectieve organisatie. Daar vindt men de democratie, het hart van het antifascistische project. Laten we bouwen aan een populaire democratie, laten we allemaal antifascisten zijn.
Een opiniestuk op initiatief van de Antifascistische Coördinatie België.
Ondertekende verenigingen, organisaties en collectieven: Agir pour la Paix, ANPI, Antifa Charleroi, ASBL La Cible, Association culturelle Joseph Jacquemotte, CNE – Centrale Nationale des Employés, CGSP ALR Bruxelles, Collectief 8 maars Bxl, Collectif 8 mars Namur, Collectif Antifasciste Luxembourg, Collectif Antifasciste Namurois, Collectif Antifasciste Verviétois, Comité belges des Ami.es de la Commune de Paris, Commune colère Bruxelles, Coordination Antifasciste de Belgique, CNAPD – Coordination Nationale d’Action pour la Paix et la Démocratie, CSC Bruxelles, CFO – Collectif des Femmes qui l’Ouvrent, Équipes Populaires, Fédération des Maisons Médicales, Fédération des Services Sociaux, Formation Léon Lesoil, Front antifasciste de Bruxelles, Front antifasciste de Liège, Gauche anticapitaliste, Gang des Vieux en Colère, Gang des Vieux en Colère Entre-Sambre-et-Meuse, Groupe Antifasciste de Mouscron, Jeunes FGTB, La santé en lutte, Le Front de Mères Belgique, Liages association, Maison de santé du Triangle, Mons Antifa, MOC Bruxelles, MRAX, Nivelles Antifa, Rouge!, Soralia.
Carte blanche : We Are All Antifascists
Being antifascist today is neither a slogan nor a militant stance reserved for a few: it is a democratic necessity. In the face of the ongoing process of fascisation unfolding in our societies—driven by antisocial, security-based and authoritarian policies—it has become urgent to remind ourselves that antifascism concerns us all. At a time when austerity measures are multiplying, fear is instrumentalised as a mode of governance, and protest is increasingly criminalised, to affirm antifascism loudly and clearly is to refuse resignation, and to reassert a political horizon grounded in equality, solidarity and genuine democracy.
A Process of Fascisation Underway
We are not living under a fascist regime—at least not yet—but the warning signs are accumulating. We must acknowledge that we are now entering a period of fascisation. Fascism never appears suddenly; it is taking hold gradually, through a succession of minor laws, house searches, concessions and complicities. It advances quietly, as democracy is hollowed out from within. There is no coup, no dramatic rupture—only a steady slide towards a state in which power is increasingly concentrated, fear replaces debate, and even the most basic democratic mechanism are stripped of their substance. It is to this process of fascisation that the Arizona coalition is actively contributing.
In less than a year, this right-wing coalition government led by flemish nationalist—a far-right party sitting in the European Parliament alongside fascist-inspired movements such as Fratelli d’Italia—and supported by francophone “liberals” has not only set about dismantling hard-won social rights, further eroding public services and intensifying the repression of migrants, thereby precarising entire segments of the population; it has also multiplied repressive measures aimed at stifling the opposition its own policies provoke. This dual movement—combining austerity and securitisation—is not merely ideological: it is also strategic. Once mechanisms of solidarity are dismantled and sections of the population are denied the right to housing, food, healthcare, or a future for their children, resignation can only be expected. Anger and resistance inevitably emerge, in direct proportion to the social violence endured. The government is fully aware of this. This is why, alongside its antisocial measures, it is constructing instruments of repression designed to allow it to govern alone, without checks or counterweights, by silencing those who oppose it. This shift is not only merely security-driven; it is authoritarians, in the sense that the government presents itself as the only source of democratic legitimacy, while all other voices are meant to be crushed. The aim of this repression is not public security but fear: fear to mobilising, fear to demanding a dignified life for all, fear of resisting.
Under the guise of “security”, the Arizona government is strengthening the police, expanding surveillance and intensifying the criminalisation of protest. The violent repression of the demonstration on 14 octobre—following earlier crackdowns on demonstrations in support for Palestine—provides clear evidence of this trajectory: maintaining order is becoming a pretext for controlling the population and restricting freedoms. On 9 February, another step was taken in the crackdown on protest: antifascist activists were raided, house searched and arrested in Liège for their participation in a demonstration against the visit of Georges-Louis Bouchez and the Centre for the Study of the Reformist Movement to the University of Liège on 18 September 2025. The preliminary draft law authorising entering homes without judicial warrants in order to round up and deport migrants offers another striking example, and illustrates a clear escalation of state racism.
Processes of fascisation have always relied on the exclusion of groups designated as external enemies of the nation: not long ago Jews, today migrants and Muslims. But they also require the construction of internal enemies, portrayed as threats to the prosperity of the national community—the “welfare scrounger”. This is how austerity policies systematically target the most vulnerable: unemployment benefits capped at two years, a witch-hunt against the sick, the end of the cold-weather plan, and cut to social protection combined with massive exemptions for employers’ social security contributions. Meanwhile, as the population grows poorer, military spendings are shooting up: €34 billion to reach the 2% GDP demanded by NATO. The economy is being militalised, the arms industry is flourishing, and systems of surveillance and coercion are becoming ever more pervasive. Nationalist discourse, in turn, is presented as self-evident.
Finally, the countervailing powers that are essential to any democracy worthy of the name are being methodically weakened, so as to allow the government to proceed unhindered. For some time now, the government has been trampling over judicial decisions; but with the Quintin preliminary draft law, which would, under its first version, allow the executive to dissolve associations deemed too “extreme” or “radical”, it is preparing the ground to bypass the courts altogether in order to attack political opposition, while subsequently enabling the criminal prosecution of individuals involved in the activities of dissolved organisations. Cuts to funding for associations—continuous education, youth organisations and socio-cultural groups—are part of the same logic: shrinking spaces of autonomy and critical thought. The next targets could well be trade unions, whose legitimacy is already under constant attack, as well as mutual societies and associations, accused of “overstepping the remit” or “betraying their mission” whenever they challenge government policy. What kind of regime is it in which the government itself determines what intermediary bodies are allowed to do? At the same time, social dialogue is being hollowed out, the press is subjected to mounting pressure, and the streets are silenced. But the greatest danger to democracy—the current internal enemy, so necessary for fascism to take hold—would be, among others, antifascists.
Laboratories of Repressions
When Georges-Louis Bouchez calls for the “dissolution of the Antifa structure”, he is echoing the rhetoric of the far right. We should recall the proposal put forward by Vlaams Belang in 2024, or, more recently, the decree signed by Donald Trump seeking to classify Antifa groups as terrorist organisations. Since it is not possible to ‘dissolve the Antifa’, traditional repressive measures are being used to an excessive degree: searches, arrests and immediate court appearances for young people, all over a few rotten apples during a demonstration protesting against the policies pushed by the ‘liberals’.
It is within this repressive climate, and in order to bolster the arsenal used to stifle dissent, that the Quintin preliminary draft law takes shape—an attack on freedom of association that has been deemed contrary to fundamental rights by the Federal Institute for Human Rights, severely criticised by the Conseil d’Etat and denounced both by the Right to Protest coalition in its carte blanche and by DependDissent collective through its petition. Today, organisations such as Samidoun and Stop Arming Israel, which are fighting against the genocide in Palestine, as well as Code Rouge, which uses civil disobedience in the struggle for climate justice, are in the government’s sights. But if the executive deems these associations “extremist” despite their use of forms of protests that are entirely legitimate in a democracy, then any collective opposing government policy can be targeted. All the more so when the executive itself becomes extreme. These emblematic cases thus serve as laboratories for testing repressive measures that will tomorrow be extended to the whole of civil society—the dissolution of the antifascist collective La Jeune Garde by the French government already foreshadows the scope of such an expansion. We stand alongside the organisations targeted by this authoritarian offensive.
These shifts are far from trivial: they signal the gradual criminalisation of all political opposition. While the repression of social movements is nothing new—wether targeting Delhaize workers, trade unionists at the Cheratte bridge, squatters under anti-squatting laws, environmental activists, Muslim associations, and others—it has taken on a deeply worrying authoritarian acceleration under this government. This is precisely how repression in working-class neighborhoods, or laws regulating football matches, have long been used to test tools—systematic checks, surveillance cameras, rubber bullets and tear gas grenades, data profiling—that are then generalised to silence all opposition. This logic of pushing repression from the margins towards the centre lies at the very heart of fascisation.
Reclaiming Our Strength, Transforming Society
Yet all is not lost. In the face of this unfolding process, we must remind ourselves of our collective strength? The social movement has already secured recent victories: the withdrawal of the so-called “anti-rioters” bill in 2023, which sought to criminalise demonstrators, stands as clear proof. When we mobilise collectively, when we come together while the agents of fascisation seek to divide us, it is possible to push back against austerity-driven and security-based dynamics.
But forcing the government to retreat from its authoritarian ambitions is not enough. True security is not a matter of policing—it is social. It lies in the right to housing, healthcare, a decent income, education, freedom of movement and the right to settle, for all. Insecurity is produced by antisocial policies that push people into precarity and invisibility.
To be antifascist is not merely to oppose—it is to build. To build a sociaty founded on equality, cooperation and solidarity, rather than hierarchy, exclusion and exploitation. This requires a profound transformation of out social model, so that meeting essential needs and guaranteeing the right to a dignified life for each and every person become our collective compass, rather than the accumulation of wealth and power by a minority. It also requires to radically question electoral representative democracy, which is far from being a bulwark against the far right (history teaches us it never has been)—is in fact one of its building step. The rise of the far right feeds on the legitimate popular distrust of politics itself, when it is reduced to voting every five years to elect a ruling class that governs for the powerful and represses us whenever we dissent.
The true bulwark against fascism is real democracy: one rooted in collectives, associations, trade union assemblies, spaces of mutual aid and collective organisation, and networks of solidarity. There lies the heart of the antifascist project. Let us build a popular democracy. Let us all be antifascists.
An opinion piece initiated by the Antifascist Coordination of Belgium.
Signatory associations, organizations, and collectives: Agir pour la Paix, ANPI, Antifa Charleroi, ASBL La Cible, Association culturelle Joseph Jacquemotte, CNE – Centrale Nationale des Employés, CGSP ALR Bruxelles, Collectief 8 maars Bxl, Collectif 8 mars Namur, Collectif Antifasciste Luxembourg, Collectif Antifasciste Namurois, Collectif Antifasciste Verviétois, Comité belges des Ami.es de la Commune de Paris, Commune colère Bruxelles, Coordination Antifasciste de Belgique, CNAPD – Coordination Nationale d’Action pour la Paix et la Démocratie, CSC Bruxelles, CFO – Collectif des Femmes qui l’Ouvrent, Équipes Populaires, Fédération des Maisons Médicales, Fédération des Services Sociaux, Formation Léon Lesoil, Front antifasciste de Bruxelles, Front antifasciste de Liège, Gauche anticapitaliste, Gang des Vieux en Colère, Gang des Vieux en Colère Entre-Sambre-et-Meuse, Groupe Antifasciste de Mouscron, Jeunes FGTB, La santé en lutte, Le Front de Mères Belgique, Liages association, Maison de santé du Triangle, Mons Antifa, MOC Bruxelles, MRAX, Nivelles Antifa, Rouge!, Soralia.
