Le travail « journalistique » de La Meuse est de plus en plus ridicule. Ce matin, elle titre en grand le mot « émeutes » (et le répète trois fois) pour parler du rassemblement organisé contre la venue du Centre Jean Gol et de Georges-Louis Bouchez à Liège ce 18 septembre. Nous l’invitons à aller faire un tour du côté des dictionnaires, des encyclopédies ou des livres d’histoire.
Ensuite, comme des participant·es l’écrivaient dans un retour sur les événements « la Meuse a fait une dizaine d’articles sur cet événement, en majorité avec les mêmes positionnements que la communication du MR. Elle n’a pas contacté une seule fois les collectifs qui avaient appelé au rassemblement ». En termes de rigueur journalistique, on repassera. Elle n’a écris aucune ligne et n’a pas informé une seule fois à propos des manifestant·es blessé·es par la police (commotion cérébrale, hématomes, contusions, dent cassée, etc.). Certaines informations méritent apparemment d’être dites et d’autres non. Certain·es blessé·es méritent apparemment d’exister et d’autres non. Elle a relayé les propos de la police, sans les vérifier et sans utiliser de conditionnel. Elle va même plus loin en concluant déjà l’enquête toute seule, puisqu’elle affirme que ce sont les manifestant·es qui ont blessé une dizaine de policiers. Dans notre article nous avions demandé « Nous voulons savoir la cause de ces prétendues 12 blessures et leur caractère (anodines, sérieuses, graves). Pour rappel, la plupart des policiers qui se blessent lors de manifestations le font seuls ou entre eux. Ensuite, une légère blessure est comptée de la même manière qu’une commotion cérébrale ou pire. Les chiffres c’est bien, la précision c’est mieux.«
La Meuse a toujours été populiste et de droite. Mais dans la période actuelle d’extrême droitisation de la société, elle joue un rôle particulier en mettant en scène les politiciens les plus proches de sa ligne éditoriale. Après avoir quasi starifié Bart de Wever au début de son mandat lors de ses déclarations tonitruantes qui hiérarchisaient les citoyen·nes, c’est Georges-Louis Bouchez qui voit désormais son image apparaitre dans les colonnes du « journal » à quasiment chaque édition depuis des mois.
Quant à la Ville, elle discutera donc lundi de porter plainte contre X auprès du juge d’instruction avec constitution de partie civile pour « les dégâts humains et matériels » occasionnés ce soir-là. On se réjouit de savoir si les dégâts humains subis par les manifestant·es (insultes sexistes, racistes et anti-gauche, intimidations et menaces, acharnements, blessures, dégâts psychologiques) seront inclus ou déniés1. On aurait par ailleurs apprécié que la Ville se démène autant et se porte partie civile contre les néo-nazis ou les racistes lorsqu’ils ont agressé des liégeois·es (nous l’en avons informé·e à chaque fois, sans réaction). Nous en profitons pour souligner la débauche de moyens policiers utilisés depuis deux mois pour chasser de l’antifasciste, du « gaucho », à Liège. Des dizaines de personnes ont été abordées par des hommes en civil dans la rue, lors d’autres événements militants, à leurs domiciles, etc. pour des contrôles d’identité et des interrogatoires improvisés avec intimidations (nous rappelons qu’il ne faut pas répondre aux questions des policiers – au-delà de donner votre identité – sans convocation au commissariat et sans avocat·e).
Lorsque ce sont les bourgeois qui sont bousculés et que les médias en font tout un foin, là il y a des moyens.
Entre « Liège, Ville hospitalière » qui recommence les visites domiciliaires qui ne disent pas leur nom et qui est fière d’annoncer dans la presse (ou plutôt dans La Meuse) harceler les personnes sans abris, migrantes, toxicomanes et soi-disant criminelles en les amalgamant (ce qui est illégal, mais passons) ; et « Liège, Ville antifasciste » qui fait la chasse aux antifascistes pour faire plaisir au MR, on pourra dire que cette coalition socialiste-libérale (malgré les votes majoritairement progressistes des liégeois·es aux dernières élections) nous aura fait faire de grands pas en avant vers une ville plus ouverte et plus agréable à vivre ensemble.
Que les élu·es et les véritables démocrates prennent leurs responsabilités.
Des participant·es du FAL
- Beaucoup de personnes nous ont envoyé leurs témoignages spontanément après ce rassemblement. Nous pouvons en récolter d’autres et centraliser ces informations pour les envoyer aux élu·es avant leur réunion s’illes prétendent s’intéresser réellement aux « dégâts humains ». Si vous avez des certificats médicaux, des ITT, des photos de vos blessures ou des témoignages, vous pouvez nous les envoyer sur Instagram ou sur notre boite mail : liege@antifascisme.be. ↩︎
