Napoléon VR à Liège : l’extrême droite de Stérin en embuscade ?

Une expérience immersive en réalité virtuelle intitulée « Napoléon VR » [VR : Virtual Reality] ou « Napoléon : la gloire, la chute, la légende » se déroule actuellement dans l’église Saint-Pholien, bien connue des Liégeois et des Liégeoises.

Mise en place par Sandora VR, il s’agit de la deuxième présentation publique de cette « exposition », après une première au… Musée Royal de l’Armée à Bruxelles. Mais qui se cache derrière Sandora VR et cette « épopée immersive » ?

C’est Pierre-Édouard Stérin, milliardaire français, figure de l’extrême droite catholique traditionaliste et exilé fiscal en Belgique qui finance l’entreprise. Il a été épinglé à la suite des révélations du journal « L’humanité » en juillet 2024 sur son projet PERICLES (Patriotes Enracinés Résistants Identitaires Chrétiens Libéraux Européens Souverainistes). À travers de multiples soutiens financiers et politiques, le plan de Stérin vise entre autres à faire basculer plus d’un millier de municipalistes françaises à l’extrême droite lors des élections municipales en France de mars 2026. Il favorise également l’élection d’un·e candidat·e du même camp à la présidence de la République en 2027.

L’entreprise « Sandora VR » a été fondée en 2024 par un duo franco-belge : Marin de Saint Chamas et Baudouin de Trosstembergh qui ont tous deux travaillés pour Stérin par le passé. Et comme l’a reconnu Marin de Saint Chamas, Stérin est l’un des investisseurs de l’entreprises à l’origine de « Napoléon VR ».

À travers son « Fonds du bien commun » et son fonds d’investissement « Otium », Stérin possède en partie ou en totalité des sociétés de production de réalité virtuelle (par ex : Cités immersives), des sociétés de distribution (Éclipsio ou encore Koézio via Hadrena anciennement Otium Leisure) et des studios (Sandora, Explore Lab, Original Narratives). Il occupe des positions sur l’ensemble de la chaîne, de la production à la distribution en passant par la réalisation. Cet intérêt stratégique s’explique notamment par la puissance émotionnelle et immersive de la réalité virtuelle qu’il présente comme une « machine de guerre affective » ou encore « un médium d’engagement absolu ». La technologie du VR est utilisée pour sa capacité à susciter des formes d’adhésion et d’enrôlement idéologique. Lui-même qualifié cette stratégie et ses moyens de « guerre sainte culturelle ».

La « guerre sainte culturelle » de Stérin est connue et documentée. Elle consiste en une mainmise partielle ou totale des médias. C’est également le cas en Belgique où le « média » belge francophone 21news est via Étienne Bertier, un proche de Stérin présent dans le CA du média, également et indirectement sous son influence. Citons également le cas des événements du type des « Banquets du Canon français ». Créés par Pierre-Alexandre Mortemard de Boisse et Géraud du Fayet de la Tour – ça ne s’invente pas de tels noms de familles… -, ces événements/spectacles ont été racheté par Stérin. Il s’agit pour lui de multiplier les investissements et rachats dans le secteur des expériences immersives « historiques » et/ou « documentaires ».